Conformité

Non-conformité Qualiopi mineure ou majeure : quels délais pour réagir

Comprendre la différence entre non-conformité mineure et majeure Qualiopi : délais légaux de plan d'action, mise en œuvre, suspension de certificat. Plan d'action type.

Jérôme Desmares· Cofondateur · LiviaLinkedIn7 min de lecture
Un sablier au sable noir posé sur une étagère en bois, éclairé par une lumière naturelle chaude.

Vous sortez d'audit avec un ou plusieurs écarts notés sur le rapport. Avant de paniquer, posez-vous les bonnes questions. Une non-conformité mineure ne se traite pas comme une majeure. Les délais légaux ne sont pas les mêmes, les conséquences non plus, et la manière de répondre conditionne le maintien ou le refus de votre certification. Voici la chronologie complète.

La définition officielle des deux types d'écart

L'arrêté du 6 juin 2019 modifié, qui fixe les modalités d'audit, distingue :

  • Non-conformité mineure : prise en compte partielle d'un indicateur qui ne compromet pas la qualité de la prestation délivrée.
  • Non-conformité majeure : non-prise en compte d'un indicateur, ou prise en compte partielle qui compromet la qualité de la prestation.

Le caractère majeur dépend donc de la gravité de l'impact sur le service rendu. Le nombre de pièces manquantes compte peu : un seul indicateur critique peu documenté peut suffire à caractériser une majeure.

Et 17 indicateurs, dits critiques, ne peuvent générer que des majeures. Voir notre article Super-indicateurs Qualiopi : ceux qui ne pardonnent aucune erreur.

La règle de cumul qui fait basculer la décision

L'auditeur conclut son rapport en classant chaque écart. Le résultat dépend du cumul :

Nombre d'écartsDécision possible
0 majeure, mineurs résolus dans les délaisCertification délivrée ou maintenue
1 majeure, mineurs traitésCertification suspendue jusqu'à correction sous 3 mois
2 majeures ou plusCertification refusée (initial) ou retirée (surveillance)

La règle des deux majeures rend critique chaque indicateur délicat. Un dossier par ailleurs solide peut chuter sur deux points ciblés.

Délais de réaction : non-conformité mineure

L'article 5 de l'arrêté du 6 juin 2019 précise pour la mineure :

  1. Plan d'action transmis à l'organisme certificateur dans le délai fixé par celui-ci (généralement 15 jours)
  2. Mise en œuvre effective dans un délai de 6 mois
  3. Vérification lors de l'audit suivant (surveillance ou renouvellement)
  4. Si la mineure n'est pas levée à l'audit suivant, elle est requalifiée en majeure

Conséquence pratique : une mineure tolérée mais non corrigée devient une majeure deux ans plus tard. Le piège est de la laisser dormir jusqu'à la prochaine surveillance.

Délais de réaction : non-conformité majeure

Pour la majeure, les délais sont beaucoup plus serrés :

  1. Plan d'action transmis sous le délai imposé par le certificateur
  2. Mise en œuvre effective dans un délai de 3 mois maximum
  3. Vérification par le certificateur dans un délai d'au plus 1 mois après la fin du délai de 3 mois
  4. À défaut de mise en œuvre dans les 3 mois, la certification n'est pas délivrée (audit initial) ou est suspendue / retirée (audit de surveillance ou renouvellement)

Concrètement, vous avez 3 mois pour corriger, plus un mois pendant lequel le certificateur revient vérifier. Soit 4 mois entre la sortie d'audit et la décision finale.

Ce que doit contenir un plan d'action recevable

Un plan d'action engage des personnes et des dates. Il doit contenir, pour chaque écart, et de manière chiffrée :

ChampContenu attendu
IndicateurNuméro et libellé de l'indicateur concerné
ConstatReprise textuelle du constat de l'auditeur
Cause racineAnalyse de la cause profonde (organisationnelle, processus, formation)
Action correctiveAction concrète qui supprime la cause
PiloteNom et fonction du responsable de la mise en œuvre
DélaiDate d'échéance précise
Preuve de clôturePièce qui sera produite pour démontrer la levée
StatutOuverte / En cours / Clôturée

Sans cause racine et sans preuve de clôture, le certificateur juge le plan d'action formel et inopérant.

L'erreur classique : confondre action curative et action corrective

L'action curative résout l'écart constaté ponctuellement. Exemple : un CV manquant pour un intervenant, vous le récupérez et vous l'archivez. L'action corrective s'attaque à la cause : pourquoi ce CV manquait ? Quelle procédure n'a pas fonctionné ? Comment garantir que cela ne se reproduira pas pour les autres intervenants ?

L'auditeur attend les deux niveaux. Une action curative seule laisse penser que la cause est toujours présente et que le problème va se reproduire.

Le calendrier type d'une non-conformité majeure

Sur la base d'une majeure constatée le 15 mai 2026 :

DateÉtape
15/05/2026Audit, écart majeur constaté en réunion de clôture
22/05/2026Réception du rapport d'audit définitif
30/05/2026Plan d'action soumis au certificateur (J+15)
15/08/2026Date limite de mise en œuvre effective (J+3 mois)
15/09/2026Date limite de vérification par certificateur (J+4 mois)
Septembre 2026Décision : maintien, suspension ou retrait

Ce calendrier est non négociable. Dès le 22 mai, mobilisez l'équipe et engagez les actions. Repousser de deux semaines, c'est perdre 20 % du délai utile.

Comment formaliser la levée de la non-conformité

Pour démontrer la levée, le certificateur attend :

  • Le plan d'action initial
  • Pour chaque écart, la preuve de mise en œuvre : document corrigé, procédure mise à jour, formation interne réalisée, attestation de participation
  • Une note de synthèse datée et signée par le dirigeant attestant la mise en œuvre
  • Si l'auditeur revient sur site (cas des majeures), la mise à disposition des preuves dans une logique d'audit à blanc

Sans ces éléments, la suspension prend effet automatiquement.

L'angle mort : les écarts qui ne sont pas tous des non-conformités

Le rapport d'audit peut aussi contenir des points de vigilance ou des pistes d'amélioration. Ce ne sont pas des non-conformités. Ils ne nécessitent pas un plan d'action formel mais doivent être pris en compte pour le prochain cycle. Ne pas les confondre, sous peine de surdimensionner votre réponse.

À l'inverse, ne sous-estimez jamais une mineure. Elle n'a pas d'effet immédiat sur la certification, mais elle peut basculer en majeure si non levée à temps.

La discussion en réunion de clôture

Beaucoup d'organismes subissent la réunion de clôture sans réagir. C'est pourtant le seul moment où vous pouvez discuter avec l'auditeur sur le caractère majeur ou mineur d'un écart. Si vous pouvez retrouver une preuve manquante en clôture (par téléphone à un collègue, en sortant un document oublié), l'écart peut être retiré ou reclassé.

Le bon réflexe : prendre des notes au fur et à mesure pendant l'audit, et préparer une dernière vérification avant la clôture.

Comment Livia accompagne le plan d'action

Livia génère un plan d'action structuré à partir du rapport d'audit (import du PDF), pré-rempli avec les indicateurs et les constats. Pour chaque écart, elle propose des actions correctives basées sur les bonnes pratiques observées sur des centaines d'organismes, et trace la mise en œuvre au fil du temps. À J+90, vous avez un dossier de levée prêt à transmettre au certificateur.

Pour préparer un audit en aval ou structurer un plan d'action en cours, voir notre solution Préparer votre audit. Pour comprendre comment éviter les non-conformités en amont, lisez notre article Les 6 erreurs fatales qui font échouer un audit Qualiopi.

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